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Le Japon du bonsaï

Omiya, le village du bonsaï

Omiya est le village du bonsaï, fondé en 1925 au nord de Tokyo, après le grand tremblement de terre de 1923. Il y reste six jardins historiques, gratuits et fermés le jeudi, et le musée d'art du bonsaï d'Omiya, à cinq minutes à pied de la gare de Tōro. Comptez une demi-journée, et gardez en tête qu'on y est dans le top du top.

· Professionnel du bonsaï · Dix ans au Japon

Publié le 14 septembre 2026

Qu’est-ce que le village du bonsaï d’Omiya ?

Après le grand tremblement de terre du Kantō, en 1923, des producteurs de bonsaï et de chrysanthèmes ont quitté Tokyo pour s’installer plus au nord, à Omiya, dans l’actuelle ville de Saitama. Ils cherchaient de l’espace, de l’eau propre et de l’air pur. Le village du bonsaï est né en 1925, et il a fêté ses cent ans en 2025.

On y a compté une trentaine de jardins. Au fil des années, la ville a grandi autour, et il en reste aujourd’hui six, tenus par des familles depuis plusieurs générations.

Omiya, c’est un des berceaux du bonsaï moderne. Un peu la Mecque du bonsaï, pour le monde entier.

Ma première fois à Omiya

C’était l’hiver 2015. J’y suis allé seul, sans être pressé par personne. J’ai commencé par le musée, puis j’ai flâné dans les rues du village pour trouver les jardins ouverts au public.

C’était grisant, et un peu écrasant. D’abord, on ne sait pas vraiment si on a le droit d’entrer. Et quand on entre, on découvre des lieux remplis de chefs-d’œuvre. On voit tout et on ne voit rien en même temps, tellement il y a d’arbres de très haute qualité.

Après le musée, je suis entré à Mansei-en. On se faufile de côté entre des bancs couverts d’arbres, sans recul, en faisant attention à ne toucher aucune branche. Personne pour vous guider, pas de photos. On sait que tout est précieux, parce que c’est un des plus anciens jardins du village, mais on a du mal à regarder. On se perd entre les rangées, et puis on tombe sur des choses incroyables.

C’était mon regard de pur débutant. Avec quelques années de bonsaï derrière moi, je n’aurais pas vu les choses de la même façon.

Quels jardins visiter à Omiya ?

Les six jardins du village, selon le site officiel d’Omiya :

  • Mansei-en, un des plus anciens et des plus connus ;
  • Seikō-en ;
  • Tōju-en ;
  • Fuyō-en ;
  • Kyūka-en ;
  • Shōsetsu-en, ouvert en 1977, un peu à l’écart du cœur du village.

Ils sont gratuits. Ce sont des jardins qui travaillent tous les jours, donc en théorie ils sont ouverts. Mais ils sont fermés le jeudi, et parfois d’autres jours sans prévenir, quand personne n’est là pour recevoir. Quand j’accompagne un groupe, je vérifie le jour même qui est ouvert.

Un conseil pour Mansei-en : juste à droite de l’entrée, dans une zone très chargée, il y a Hiryu, un genévrier que le jardin dit âgé de plus de mille ans. On parle aujourd’hui de 1 200 ans. C’est un des bonsaïs les plus célèbres du monde. La plupart des visiteurs passent devant sans le voir. Si personne ne vous le montre, vous passerez à côté.

Un grand genévrier en bonsaï au tronc tourmenté de bois mort blanc, dans un pot rectangulaire rouge, entre les rangées du jardin Mansei-en
Zuiryu, un autre genévrier de Mansei-en, qu'on dit âgé de 700 ans.

Le musée d’art du bonsaï d’Omiya vaut-il la visite ?

Oui. La collection est une des plus belles qui soient. Seule une partie des arbres du musée est exposée : comme dans tous les jardins, il y a une partie visible et une partie cachée. Derrière, il y a des arbres qui ne sont pas prêts à être montrés, certains malades, d’autres en construction ou au repos. C’est l’atelier, et c’est aussi ce qui permet de faire tourner les arbres, pour que ceux qui reviennent ne voient pas toujours la même chose.

Le jardin du musée a été rénové, avec son bassin au centre de la cour, et il a rouvert en mars 2025. C’était déjà un très bel endroit. C’est encore plus beau aujourd’hui.

Selon le musée, il est ouvert de 9 h à 16 h 30 de mars à octobre, et de 9 h à 16 h de novembre à février, avec une dernière entrée trente minutes avant la fermeture. Il est fermé le jeudi, sauf si c’est un jour férié, et du 29 décembre au 3 janvier. L’entrée coûte 310 yens pour un adulte. Depuis le 4 septembre 2026, les photos sont autorisées partout, sans flash, sans trépied ni perche, en restant à 30 cm des arbres.

Comment aller à Omiya depuis Tokyo ?

En train, en moins d’une heure depuis Tokyo. Descendez à la gare de Tōro, sur la ligne JR Utsunomiya : le musée est à cinq minutes à pied, et c’est plus pratique que la gare d’Ōmiya-kōen, sur la ligne Tobu, à dix minutes. Ensuite, tout se fait à pied.

Comptez deux à trois heures pour le musée et les jardins. Une demi-journée pour une visite correcte.

Les règles de politesse dans les jardins

Se montrer avant d’entrer. Il n’y a pas de sonnette. Quand un jardin a l’air ouvert, cherchez à croiser le regard de quelqu’un, faites un peu de bruit pour qu’on sache que vous êtes là, et demandez poliment l’autorisation de visiter.

Ne jamais toucher les arbres. Penchez-vous avec précaution, et circulez en faisant très attention aux branches autour de vous : c’est très dense.

Ne pas prendre de photos sans demander. Dans les jardins, demandez toujours l’autorisation au propriétaire.

Ne demander un prix que si vous êtes prêt à acheter. Au Japon, demander le prix, c’est montrer qu’on est sérieux. Si vous n’avez pas l’intention d’acheter, ne demandez pas. Et on ne négocie pas : pour un seul arbre, surtout quand on est un nouveau client, on paie le prix demandé. Quand je suis là, je peux demander pour vous et faire l’intermédiaire. Mais la curiosité, c’est une chose. Il ne faut pas importuner en demandant mille prix sans intention d’acheter.

Ce qu’Omiya montre, et ce qu’il ne montre pas

À Omiya, on est dans le top du top. Ce sont surtout des jardins d’arbres matures, de très haute qualité, avec des collections construites sur des générations. On y va pour voir le plus beau, le plus abouti.

On n’y trouve pas, en revanche, les pépinières, l’entrée de gamme et le milieu de gamme, à part quelques petits arbres. Pour ça, l’endroit le plus proche, c’est Fukaya, un peu plus loin, à environ une heure vingt de Tokyo.

Seul ou accompagné ?

Un visiteur seul verra presque tout ce que je pourrais lui montrer. La différence, c’est qu’il ne pourra pas poser de questions, ni avoir de réponses sur ce qu’il voit.

Je connais le métier, l’environnement et les gens. Je peux expliquer, raconter, et donner de la matière à une visite qui reste un peu sèche quand on ne sait pas ce qu’on regarde. Hiryu, le genévrier de l’entrée de Mansei-en, en est le meilleur exemple.

Peut-on acheter un bonsaï à Omiya ?

Oui, mais il faut savoir ce qui suit. D’après ce que je vois, peu de jardins d’Omiya ont leur propre système de quarantaine pour l’export. Un arbre acheté là-bas doit en général être confié à un professionnel de l’export, pour faire sa quarantaine. Il faut donc s’engager pour environ deux ans avant que l’arbre arrive en Europe. Tout le parcours est expliqué ici.

Quand aller à Omiya ?

Il n’y a pas de saison plus belle qu’une autre. Chaque saison a ses arbres, comme partout au Japon.

Un moment particulier, pourtant : chaque année, du 3 au 5 mai, le village accueille sa grande fête du bonsaï, le Dai-Bonsai Matsuri, avec des ventes d’arbres et de plantes dans les rues, des conseils, et une exposition.

Questions fréquentes

Comment aller au village du bonsaï d'Omiya depuis Tokyo ?
En train, en moins d'une heure depuis Tokyo. Descendez à la gare de Tōro, sur la ligne JR Utsunomiya : le musée est à cinq minutes à pied. La gare d'Ōmiya-kōen, sur la ligne Tobu, est à dix minutes.
Les jardins d'Omiya sont-ils payants ?
Non, les six jardins sont gratuits. Ils sont fermés le jeudi, et parfois d'autres jours, sans prévenir, quand personne n'est là pour recevoir. Le musée coûte 310 yens.
Peut-on prendre des photos à Omiya ?
Au musée, oui, depuis le 4 septembre 2026, sans flash, sans trépied et sans perche. Dans les jardins, demandez toujours l'autorisation au propriétaire avant.
Combien de temps faut-il pour visiter Omiya ?
Deux à trois heures pour le musée et les jardins. Une demi-journée pour une visite correcte.
Peut-on acheter un bonsaï à Omiya et le rapporter en Europe ?
On peut acheter, mais l'arbre doit en général être confié à un professionnel de l'export pour faire sa quarantaine. Comptez environ deux ans avant son arrivée en Europe.

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